26 Jan Le désordre numérique coûte plus cher qu’on ne le pense
Le classement et le nommage des fichiers font partie de ces sujets que l’on juge souvent secondaires.
Trop opérationnels pour les comités de direction, trop évidents pour être questionnés, trop chronophages pour être réellement traités.
Et pourtant.
Dans de nombreuses organisations, une part significative du temps de travail est perdue à chercher une information, vérifier si un document est à jour, ou recréer un fichier qui existe déjà quelque part. Ce temps perdu n’est pas anecdotique : il impacte directement la performance collective, la qualité des décisions et la fluidité du travail en équipe.
Le classement et le nommage des fichiers ne relèvent pas du confort individuel.
Ils sont un sujet d’organisation du travail, et à ce titre, un véritable levier d’amélioration continue.
L’information existe, mais où ?
Dans les environnements collaboratifs (cloud, outils de partage, GED, espaces projet), le problème n’est généralement pas l’absence d’information, mais son accessibilité :
- plusieurs versions d’un même document,
- des noms de fichiers incompréhensibles hors de leur contexte,
- des classements dépendants d’une personne,
- des dossiers fourre-tout ou trop complexes,
- une information “officielle” impossible à identifier.
Résultat :
- perte de temps quotidienne,
- erreurs basées sur des documents obsolètes,
- tensions entre équipes,
- et une défiance progressive vis-à-vis des outils collaboratifs,
- perte de valeurs au yeux des clients et partenaires.
Quand l’information n’est pas fiable ou lisible, chacun recrée son propre système. Et l’organisation perd toute maîtrise.
Classement et nommage : un travail d’équipe
Une erreur fréquente consiste à considérer le classement comme une affaire personnelle : “Chacun s’organise comme il veut.” Ben non, en fait.
Cette logique peut fonctionner sur un poste de travail individuel.
Elle devient contre-productive dès lors que l’information est partagée, transversale ou structurante pour l’activité.
Dans un environnement collaboratif, un document n’est jamais “à quelqu’un”.
Il est mis à disposition d’un collectif, souvent sur la durée, parfois au-delà de l’équipe qui l’a produit.
En vue d’amélioration continue, le classement et le nommage doivent donc être :
- compréhensibles sans explication orale,
- cohérents dans le temps,
- indépendants des personnes,
- adaptés aux usages réels.
Bien sûr, une fois que tout cela est en place, cela reste un éternel recommencement. En amélioration continue, un bon système documentaire est un système vivant, qui s’adapte sans être remis en cause en permanence : révision périodique, présdentation des bonnes pratioques aux nouveaux arroivants, évolution des usages et surtout prise en compte dans les pratiques du quotidien.
Un classement efficace et un nommage clair ne sont jamais qu’un sujet technique.
Ils reflètent la clarté des processus, la maturité de l’organisation et la capacité à travailler collectivement.
Améliorer ces pratiques, ce n’est pas “faire du ménage”.
C’est réduire les irritants, sécuriser l’information et libérer du temps utile pour ce qui crée réellement de la valeur.